Méditation franciscaine live

4 novembre 2020 by Posted in: Non classé

 

Concrètement

Les lundi, mercredi et vendredi, ceux qui le souhaitent recevront par mail un texte biblique médité.
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Marie se fera un plaisir de vous ajouter à la liste de diffusion.

Vous pourrez à tous moments envoyer réflexions, prières, images, chants… à l’adresse mail ci-dessus.

Ils seront repris les jours suivants.

La même réflexion sera proposée en direct sur la page Facebook de la Province des frères franciscains : https://www.facebook.com/franciscainsfrancebelgique

les lundi, mercredi et vendredi à 20h à partir du mercredi 4 novembre.

Cette méditation pourra être enrichie des propres apports des uns et des autres.

Et n’hésitez pas à interagir et à poser vos questions en commentaires ! #traversernospeurs


L’ANNONCE à Joseph

Méditation n° 13

Revenons un instant sur l’annonce faite à Marie. A l’annonce de l’Ange, Marie aurait dû être tétanisée par la peur. Son oui à Dieu est comme un chèque en blanc, un abandon total.
Marie n’est pas naïve. Elle connait la Loi et, davantage encore, le coeur des hommes qui se feront un malin plaisir à la montrer du doigt et la condamner dès qu’ils la sauront enceinte. La Loi ne condamne-t-elle pas les femmes adultères à la lapidation ?
Comment Dieu peut-il lui demander cela ? La promesse de l’ange « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi » parait totalement décalée.
L’Evangile ne cherche-t-il pas à nous faire comprendre que tous nos « oui », tous nos choix, ont une dimension pascale ? Quitter la peur, ce n’est pas choisir une vie protégée, où la souffrance serait écartée. Traverser la peur, c’est choisir de s’appuyer sur une parole qui est promesse de vie, même si nous ne comprenons pas toujours comment Dieu va s’y prendre pour la réaliser. « Comment cela
va-t-il se faire ? »
Le oui de Marie s’enracine dans la mémoire longue d’un peuple qui, bien souvent, a fait l’expérience que « rien n’est impossible à Dieu ».
Si Luc relate l’annonce faite à Marie, Matthieu raconte l’Annonciation faite à Joseph. Il déplace ainsi notre regard, nous invite à accueillir l’évènement avec les yeux et le coeur de cet homme juste, lui qui, chaque matin, est réveillé par la Parole de Dieu et cherche à la mettre en pratique.
Joseph est marié légalement à Marie. A l’époque, on mariait les jeunes filles dès leur puberté mais elles restaient dans leur famille le temps que leur époux puisse subvenir aux besoins du couple. Il n’était pas question d’avoir des relations sexuelles tant que le couple ne vivait pas sous le même toit.
« Avant qu’ils aient habité ensemble, Marie se trouva enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste et ne voulait pas la diffamer publiquement, résolut de la répudier secrètement. »
Prenons le temps d’intérioriser la souffrance de Joseph. On perçoit là son amour profond pour Marie mais aussi sa douleur face à cette grossesse qu’il ne comprend pas, qui ressemble si peu à celle qu’il aime.
Joseph connait la Loi. Normalement, il aurait dû faire un procès afin de déterminer si la grossesse résultait d’un adultère librement consenti, et donc passible de lapidation, ou bien d’une relation sexuelle forcée, d’un viol.
C’est une autre voie que Joseph, le juste, choisit : « Il ne voulait pas la répudier publiquement », la donner en spectacle, la livrer à la vindicte populaire.
Joseph a moins peur pour lui que pour elle. Il choisit de respecter en Marie sa part de mystère. Il ne cesse pas de l’aimer.
Joseph fait alors un songe. « Voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui en engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : le
Seigneur sauve) car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Dieu connaît bien Joseph, et il l’invite à dépasser ses peurs en accueillant la véritable signification de l’évènement. L’enfant qui est dans le sein de Marie sera le fils de David et le sauveur de son peuple. Et pour cela, il faut que Joseph, lui-même de la lignée de David, lui donne son nom : Jésus.
Dans la bible, le nom inscrit l’enfant dans une filiation tout en lui donnant une mission : Jésus sera le visage du Dieu sauveur.

Par deux fois dans ce court récit, Matthieu nous dit que l’enfant est le fruit de l’action de l’Esprit Saint. Jésus, bien qu’enraciné dans l’histoire, n’est pas le fruit de la volonté de l’homme, mais un don de l’Esprit créateur. C’est Dieu qui a pris l’initiative de déposer, au sein de notre humanité et au coeur de notre histoire, la semence d’une création renouvelée. Jésus est tellement Fils de Dieu que Dieu est son seul Père, non qu’il l’ait engendré par des relations sexuelles mais par ce pouvoir de l’esprit qui a fait entrer la vie dans le monde, comme le montrent
les deux récits de la Création.
C’est ce même Esprit qui nous est donné le jour de notre Baptême et qui fait de nous des fils et des filles de Dieu, des créatures nouvelles à l’image et à la ressemblance du Christ. L’Esprit Saint vient ainsi accomplir la promesse de Jésus ressuscité : « Et moi, je suis-avec-vous (l’Emmanuel) tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). Il est l’Emmanuel, Dieu avec nous, chaque jour, chaque
instant de notre vie. C’est pourquoi, il vient chasser toute peur en nous. « Qui pourrait nous séparer de l’amour du Christ ? » demande saint Paul.
« Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse, mais ne s’unit pas à elle, jusqu’à ce qu’elle enfante un fils, auquel il donna le nom de Jésus. »
Au Oui de Marie correspond le Oui de Joseph. Tous deux sont unis par une même obéissance, un même abandon dans la confiance. Ils laissent Dieu être Dieu dans leur vie.
Matthieu insiste sur la conception virginale de cet enfant. Il est l’expression du don purement gratuit de Dieu à son humanité. Tout est grâce.